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Adeline Moniez, créatrice de MARBELLA Paris, a dans son ADN la créativité et l’entreprenariat. Elle porte depuis 10 ans l’entreprise qu’elle a créée sur un coup de cœur pour le bijou porté à fleur de peau comme l’expression d’une liberté, d’une différence raffinée. Rencontrons cette femme pétillante qui réinvente par son talent pour l’innovation les codes du luxe et du savoir-faire made in France.

Adeline Moniez est née à Amiens et a grandi à Sailly-Laurette, ce petit village dont vous connaissez peut-être le nom mais que vous ne situez probablement pas sur une carte. C’est à quelques kilomètres à l’est de la métropole picarde. Là, sa mère avait une auberge. Adeline a transformé le lieu en atelier où d’agiles petites mains fabriquent de A à Z toute la gamme de produits Marbella. C’est là aussi qu’Adeline a fait ses premier pas d’entrepreneure quand elle avait 25 ans.
Après des études de droit qui ne la passionnent pas, elle opte pour une première expérience d’attachée de presse à Paris. A l’occasion d’un événement, elle accueille une journaliste qui porte des cristaux Swarovski collés à même la peau. Pour Adeline, c’est le déclic : elle décide d’exprimer sa créativité et son goût pour l’innovation en offrant aux femmes la liberté d’accessoiriser leur épiderme !
Elle prend alors ses quartiers dans l’ancienne entreprise maternelle. Pour quelques mois pense-t-elle. Juste le temps de designer ses premières créations… de développer avec un laboratoire la formule de l’adhésif repositionnable et hypoallergénique… de prospecter ses premiers clients… de fabriquer ses premiers bijoux… de trouver une agent commerciale… Bref. Les mois passent et deviennent une année. Adeline a sacrifié sa vie sociale, a investi tous ses moyens et toute son énergie, mais ne voit pas le succès s’amorcer. Déprimée, elle se rend à la Basilique Sainte Thérèse de Lisieux où elle brûle un cierge. Hasard ou miracle, quelques jours plus tard, son téléphone sonne et annonce une avalanche de bonnes nouvelles !
Le cabinet de Renauld Dutreil, alors ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des professions libérale, lui annonce que celui-ci va lui remettre le prix de l’entrepreneuriat féminin lors de ses vœux : plus question d’abandonner quand son esprit d’innovation se voit récompensé ! Dans la foulée, le salon « Who’s next » lui attribue un stand moitié prix : elle se démène pour trouver le complément de financement et fait son premier salon ! Le Printemps Haussman lui offre un corner pour présenter ses produits pendant 15 jours : le grand public va enfin découvrir ses créations !

Adeline est persuadée que la chance tourne. L’année de travail acharné va porter ses fruits… En effet. Elle réalise le temps du salon autant de commandes que toute l’année précédente et rencontre un investisseur en Start Up qui engage 20 000 euros dans son entreprise. Elle retrouve ressort et oxygène pour franchir une nouvelle étape, positionner son activité au cœur de la capitale de la création : Paris.
Un an après avoir déposé sa candidature, elle intègre la pépinière d’entreprise Paris Innovation République, fondée sur la convergence des hautes technologies et des savoir-faire traditionnels qui accueille de jeunes entreprises des N.T.I.C et des métiers de la création et du design. C’est dans ce contexte idéal au développement de son concept qu’Adeline fait la rencontre de jeunes talents de la mode qui lui proposent d’accessoiriser leurs défilés : cette étape décisive inscrit les créations de la jeune femme dans l’univers du luxe et marque un tournant dans sa vie privée. Lors d’un défilé, elle fait la rencontre de Zakaria Nana, qui deviendra son partenaire intime et professionnel.
Suite d’heureux hasards ? Pas pour Adeline qui y voit un enchainement de petits miracles.

Elle décide alors de croire en ce qu’elle nomme des cercles vertueux : quand tu reçois, offre à d’autres et ce que tu offres, tu le recevras. C’est ainsi qu’elle privilégie l’emploi des femmes en rupture avec le monde du travail après avoir élevé leurs enfants, qu’elle contribue à la construction d’une école en Afrique ou qu’elle aide Les Restos du Cœur.

La période 2007/2010 marque pour Adeline le temps de la construction. Elle épouse et fonde une famille avec Zakaria qui s’investit de plus en plus dans Marbella afin de l’épauler le temps pour elle de se consacrer à leurs enfants. Son entreprise passe de la production artisanale en petites séries à celle d’une PME innovante et flexible au service de grands groupes industriels. Elle signe un contrat avec les laboratoires Juvamine qui connaissent un franc succès avec les lentilles colorées grand public et désirent compléter leur offre par des tatouages éphémères bon marché. L’affaire est conclue pour une commande de 70 000 pièces quand l’atelier n’en produit que 4000 par an ! Galvanisée par cette jolie victoire, Adeline amorce les importantes évolutions nécessaires à sa capacité de production pour répondre aux critères drastiques de ses nouveaux clients. L’opération est un succès puisque l’entreprise fabrique près de 400 000 pièces pour son premier client grand compte !
Début 2010, l’entreprise se positionne dans le développement de nouveaux produits pour des grandes marques du luxe et de la cosmétique. Initié par Dior pour qui Marbella invente le eye-liner repositionnable, l’essai se confirme avec Chanel, Sephora ou plus récemment L’Oréal. Si la confiance de ces grandes maisons valorise l’esprit d’innovation de la PME et le savoir-faire des petites mains de Sailly-Laurette, elle ne contribue pas au rayonnement de l’image de marque de Marbella Paris auprès des consommateurs. Cette reconnaissance identitaire est indispensable au positionnement sur le marché international, l’objectif d’Adeline.
Elle est convaincue que ses produits ont tous les atouts pour séduire les clientèles à fort pouvoir d’achat du Moyen-Orient où les femmes ont la culture du tatouage au henné, du Brésil où le corps est culte, de la Chine où le luxe « à la française » fait recette.
Elle tente une première prospection avec UBIFRANCE en 2012. Malgré le très bon accueil réservé à ses produits, Adeline constate que sa marque doit acquérir une légitimité en étant soutenue par un réseaux de distribution français à forte image de marque, comme le Printemps, le Bon Marché ou encore Les Galeries Lafayette et justifier d’une présence forte sur son territoire d’origine. C’est la voie dans laquelle s’engage Adeline. Elle réussit une levée de fond d’1 million d’euros en 2013 pour booster ses objectifs.
Avec cette capacité d’investissement, elle protège son savoir-faire innovant en procédant à deux dépôts de brevets et crée un bureau d’innovation et développement à Amiens. Marbella ouvre également un bureau commercial au Moyen-Orient avec le concours de V.I.E (Volontariat International en Entreprises) du vivier d’UBIFRANCE, alors qu’elle étoffe son réseau de distribution national. Après plusieurs années de sollicitations, Adeline obtient sa place aux Galeries Lafayette et au Bon Marché. Quand à l’international, Marbella Paris est présent dans le réseau des Four Seasons Hotel et dans plusieurs bijouteries de New York à Dubaï, de Courchevel à Monaco…

Avec ses quatre gammes de produits, de la cosmétique grand publique au pièces uniques luxueuses, Adeline a su bâtir en 10 ans une marque, sa marque… celle d’une femme classique mais libérée des codes, celle d’une visionnaire qui considère la générosité comme un investissement sur l’avenir, celle d’une entrepreneure dont la créativité est le vecteur de l’innovation.

Retrouvez les créations de Marbella Paris sur le site www.marbellaparis.fr