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Après un parcours professionnel exemplaire au service d’entreprises de la grande distribution et de l’industrie, Aurélie Vermesse change de vie et crée le  Clarance. L’hôtel cinq étoiles niché au cœur du Vieux-Lille a ouvert ses portes rue de la Barre le 16 avril.

Aurélie Vermesse donne pour première impression d’être une femme à l’élégance discrète, à la distinction empreinte de distance. Au cours de l’entretien, elle se dévoile et nous transmet dans un large sourire, la force qui l’anime. C’est l’acceptation de sa créativité qui lui insuffle confiance en elle, qui lui a révélé « comme par magie » sa lumière. Depuis, elle prend chaque décision avec certitude. Quels furent le déclencheur et les motivations de sa révolution personnelle ? Voici quelques éléments de réponse, l’aventure d’une femme courageuse, le portrait d’une entrepreneure audacieuse.

Elle a ses racines à Lille, où sa famille vit depuis plusieurs générations. Elle aime sa ville, l’atmosphère qui y règne, les valeurs de ses habitants… elle ne s’en est d’ailleurs jamais trop éloignée. Après un diplôme en commerce international, elle débute sa carrière professionnelle dans le groupe hollandais Nielsen spécialisé en marketing et mesure d’audience où elle travaille 6 ans. Elle pénètre ensuite l’univers de la grande distribution où elle met à profit ses compétences en marketing de grande consommation à différents postes (chef produit, category manager, chef de groupe marketing) et pour différents groupes (Danone, Auchan et Mc Cain). Aurélie considère qu’elle performe dans cette discipline parce qu’elle est cartésienne, doté d’un bon sens analytique des chiffres et des études. Elle dément fermement être créative à ceux qui l’évoquent, la rationalité mathématique la rassure quand la créativité, fondamentalement subjective et instable, suggère une forme de mise en abîme… Une rencontre lui offre ensuite l’opportunité de passer du marketing au management au sein du groupe Mäder (spécialiste des peintures respectueuses de l’environnement et des résines à fort contenu technologique) où elle aboutit à la direction générale du site de Marœuil dans le Pas-De-Calais. Passée la satisfaction des premiers temps, à se découvrir hautement capable de mener les hommes, elle est prise d’une profonde lassitude. Ses trois enfants ont grandit et ont moins besoin d’elle, sa ville lui manque … C’est le temps du bilan personnel. À 47 ans, l’expérience éprouvante d’un accident grave dans l’usine dont elle est responsable finit d’éveiller en elle le besoin d’entamer une réflexion sur ses motivations, de baser cette nouvelle tranche de vie sur ses valeurs intimes.

Au hasard d’un week-end de mai 2011, se déroule un événement décisif et porteur de sens qui cristallise en Aurélie la volonté infaillible d’entreprendre sa nouvelle carrière professionnelle.

Alors qu’elle séjourne au Domaine Les Crayères à Reims, elle fait la rencontre d’Hervé Fort son directeur général qui s’enquiert auprès d’elle du bon déroulement de son séjour et de la qualité du repas qu’elle vient de déguster. Elle est enchantée par cet échange, laisse libre court à sa curiosité sur le fonctionnement d’une telle entreprise, sur le profil et les qualités de son directeur… qui, comme elle, dirige une centaine de personnes. Hervé Fort, pour qui une bonne rencontre est celle qu’« on provoque, au travers de ce qu’on désire » (interview Reflets Actuels, novembre 2012) propose à Aurélie enthousiaste, de découvrir les cuisines du restaurant. Il lui raconte sa précédente expérience dans l’automobile de luxe qui l’a amené à la direction de ce haut lieu du savoir-vivre champenois. Ce récit fait échos au parcours d’Aurélie mais surtout l’éclaire sur la cohérence de tout ce qui la compose et de ce auquel elle aspire avec force et évidence : accepter la créativité qu’elle porte en elle et qu’elle a ignoré jusque-là. Elle veut entreprendre et promouvoir ce qu’elle aime : la gastronomie, l’accueil et l’art de vivre du Nord dans un trésor architectural de sa ville. Son rêve prend forme avec clarté le temps du trajet du retour : le lieux sera un hôtel particulier dans le cœur du Vieux-Lille. La cuisine sera celle d’un jeune chef amoureux de son terroir. La décoration sera lumineuse et poétique. L’art contemporain côtoiera avec raffinement la marqueterie et le staff. L’accueil sera chaleureux et discret. Tout sera à l’image de ce qu’elle est !

Aussitôt rentrée chez elle, son rêve chevillé au corps, elle pose les grandes lignes de la stratégie pour aboutir à sa réalisation. Persuadée que ses compétences managériales et commerciales doivent être complétées par l’apprentissage du secteur de l’hôtellerie de luxe, elle opte pour le retour sur les bancs de l’école et décide de faire le MBA « Hospitality Management » en cycle court à l’ESSEC. Les jours suivants, elle actualise son CV, annonce à son employeur qu’elle quitte son poste dans les plus brefs délais et obtient un entretien à l’école qu’elle veut intégrer dès la rentrée de septembre.
Ce premier cap est, pour Aurélie, l’occasion de démontrer son extrême motivation sans laquelle ses interlocuteurs ne lui auraient pas permis d’accéder au cursus qu’elle suit l’année suivante sur le campus.

Forte de ce premier challenge relevé brillamment, elle est contactée par l’une de ses connaissances pour monter un premier projet hôtelier dans lequel elle aurait la gérance. Une année durant, elle mobilise investisseurs, partenaires, s’entoure d’un réseau de bienveillance qui l’aide à éviter les écueils, surmonter les difficultés… elle boucle ce projet. Cependant en juin 2013, à 15 jours de la signature du closing, elle y renonce, animée par la conviction que ce n’est pas la voie exacte qu’elle doit suivre. Malgré les doutes soulevés en elle par cette rétractation, elle prend contact avec les agents immobiliers de son réseau et trouve l’hôtel particulier de son rêve.
Elle retravaille le business plan, s’assure du soutien de ses investisseurs et fait une offre d’achat une semaine après la visite du lieu. Conformément à ce quelle avait imaginé sur le trajet de retour du Domaine Les Crayères, deux ans auparavant, son projet peut prendre forme. Elle dispose d’un an pour rassembler les 7 millions d’euros qui lui sont nécessaires, concevoir avec son architecte Anne-Sophie Bettremieux la rénovation complète des lieux et avec Sophie Lavigogne, la décoration d’intérieur.

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L’achat du 32 rue de la Barre est signé en août 2014. Toute l’équipe rassemblée par Aurélie dispose de 7 mois pour transformer l’ancienne demeure familiale érigée en 1736 pour la comtesse d’Hespel, en Clarance Hotêl 5 étoiles, havre de « Luxe, Calme et Volupté ». Ici prend corps la poésie de Baudelaire comme un ingrédient essentiel à l’esprit du lieu. Spleen et Idéal est un appel à la délectation des cinq sens. C’est ainsi qu’Aurélie désire le Clarance.

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Les références aux poèmes qu’elle affectionne y sont légion. Chacune des 19 chambres porte le nom de ses préférés : « L’albatros », « Le Parfum », « Le Flacon », ou « Correspondances », pour ne citer qu’eux, invitent à découvrir des lieux de repos tous différents les uns des autres. Le jardin clos, surplombé par le clocher de l’église Sainte Catherine, est planté d’un potager bio aux herbes aromatiques mêlant leurs exhalant parfums à celui de la terre, mouillés par une hypothétique pluie fine ou chauffés par les rayons d’un soleil printanier.

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Les moulures en staff rehaussées d’argent, les boiseries précieuses, ou encore les œuvres d’art habillant les murs, comme cette opulente fresque végétale née sous les mains de Guillaume Caron, sont autant de ravissements offerts au regard. Le bruit feutré des pas sur le tapis tissé spécialement pour le Clarance par Les Manufactures Catry, le murmure lointain d’une discussion provenant du Salon de Thé, un concert organisé par la maitresse des lieux sont satisfaction pour de délicates oreilles.

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Enfin, il y est aussi grandement question de goût avec Nicolas Pourcheresse à la tête de la brigade qui, en mettant à l’honneur les produits du terroir, promet aux palais « une cuisine ébouriffée, pure et brute ».
Voilà tous les ingrédients réunis pour ravir les cinq sens, selon le gout et la sensibilité d’Aurélie Vermesse. Nul doute que les premiers convives à découvrir le Clarance le 16 avril ont été touchés par la beauté et le raffinement de sa création.

 Retrouvez l’univers du Clarance sur www.clarancehotel.com