Dénicheuse de pépites culinaires du bout du Monde

Après avoir fait la découverte de son prochain guide de voyage culinaire – merci Henry de la TV des Chefs ! – nous avons eu l’envie mordante d’en connaître davantage sur Anne Coppin, cette baroudeuse en mode « J’irai manger chez vous ».

Nous nous entretenons avec Anne, 24 heures après avoir pris contact avec elle, entre deux rendez-vous, s’activant entre les derniers préparatifs de son prochain voyage vers le Cambodge et sa vie d’entrepreneure. Nous vous offrons la découverte d’une Lilloise aux racines maternelles normandes éprise de partage et de liberté de faire !

Le goût du voyage authentique

Partir légère, avec le sac à dos et un minimum de contraintes, Anne l’a appris de ses parents qui, dès son enfance, l’emmenèrent avec eux dans leurs découvertes du Monde. De son grand regard rieur et noisette, elle croque les moments de partages et en emplit des carnets de voyages qu’elle range. Le temps d’étudier les Lettres et le management des organisations culturelles. Le temps aussi de créer sa petite galerie d’art à la Madeleine, puis de s’investir dans l’administration d’une scène nationale. Un jour, à la bonne heure, Anne retrouve ses carnets d’enfant et avec eux la mémoire de ses souvenirs sensoriels, visuels, olfactifs et gustatifs, qu’elle notait avec soin sous forme de recettes de cuisine ou d’impressions colorées. Elle retrouve aussi le goût du partage par-delà les frontières avec d’autres cultures, d’autres mots et celui de le transmettre. Mue par son envie profonde, Anne quitte le salariat pour s’investir dans son idée du voyage, crée sa petite maison d’édition UMAI et livre un premier grand livre de voyage culinaire intitulé Happy World Food, dont notre ami commun, Maxime Schelstraete, chef lillois amoureux des saveurs du Monde, signe la préface.

Le goût de la rencontre

Quand nous l’interrogeons sur sa recette pour faire un voyage à sa façon, elle nous répond que, comme elle aime à le faire pour la cuisine, elle choisit ses ingrédients… locaux. À savoir qu’elle les prépare en cherchant sur la toile les blogs et les infos issus du pays où elle compte se rendre. Au fil de sa quête, elle épingle les lieux authentiques, les bons plans culinaires et les plats locaux partagés par les gens du coin, comme autant de balises sur son futur circuit, simplement borné par son vol aller/retour, les trajets intérieurs se faisant au gré des transports en commun et populaires. Ainsi s’alimenter en adresses culinaires confidentielles par des sources ultra-locales ouvre à Anne le champ des rencontres inattendues, de l’improvisation et de la découverte d’endroits souvent ignorés des grands guides internationaux. Elle nous dit à ce sujet : « La cuisine est un merveilleux prétexte pour établir la communication, partout elle est synonyme de rencontre, de partage. Face à l’intérêt, les portes des cuisines des petits restaurateurs et des particuliers s’ouvrent naturellement. Même si l’on ne parle pas la même langue, on partage très rapidement une forme d’intimité avec les gens dont on se rapproche par les sens stimulés dans la préparation et la dégustation d’un plat. »

Goûter la liberté

Anne a entrepris pour pouvoir partager son goût du goût et du voyage en devenant éditrice. Férue de liberté, c’est aussi de cette manière qu’elle a envie d’amener ses lecteurs au voyage gustatif. Elle nous révèle ne pas avoir mis d’adresses dans son premier guide sur la Thaïlande afin de développer chez le futur voyageur l’esprit d’aventure. « Je veux que les gens se perdent un peu, c’est une bonne méthode pour développer le sens de la liberté ».

Partant dans quelques jours pour le Cambodge, pays sur lequel elle prépare un nouveau guide « papier », Anne développe aussi son « appli » car, comme de nombreux jeunes voyageurs, elle utilise son smartphone comme elle userait d’un couteau suisse. L’outil dans son infinie infinitude permet, ce que n’offre pas le livre, d’avoir un contenu sans cesse réactualisé… Anne est une citoyenne libre de ce monde rendu hyper accessible par le maillage du réseau, elle entreprend comme elle l’entend pour partager avec qui veut son sens des saveurs du monde et sa liberté de l’explorer !