Le sourire pour moteur 

Dans l’univers des jeunes audacieux qui n’attendent pas le nombre des années pour déclencher des effets positifs au profit des autres, il y a Baptiste Beaugrand, 27 ans, que nombre d’Amiénois et de Touquettois connaissent. Non ? Mais si ! Baptiste, ce grand jeune homme souvent vêtu d’une doudoune sans manches bleu azur, cheveux châtains, menton en galoche et sourire bienveillant toujours accroché aux lèvres, faisant de grands signes de bonjour lorsqu’il nous croise au volant de sa 4L orange, de la class E héritée de son grand-père ou au guidon de son solex ! Vous ne voyez vraiment pas ? Allons donc ! Laissez-nous alors vous présenter celui qui, depuis 2010, pilote l’association caritative Car Entr’aid comme il aime à conduire et partager sa passion des vieilles mécaniques.

L’amour des voitures, Baptiste l’a hérité de son grand-père, qui lui a transmis sa passion de la mécanique automobile, comme certaines de ses voitures de collection. Baptiste nous raconte que l’histoire a débuté avec la Citroën 5 HP, que son aïeul a achetée parce que c’était la première voiture qu’il avait conduite dans sa jeunesse. Elle s’est prolongée avec la Peugeot 201 pour faire plaisir à sa grand-mère. Puis arrivèrent la Traction, la Pagode, parmi d’autres moins emblématiques qui ne sont pas restées dans le patrimoine familial… « De mon grand-père, il me reste quatre voitures anciennes, mais j’ai récupéré aussi la dernière voiture qu’il conduisait au quotidien, sa class E. Ma passion pour l’automobile et tout ce qui roule grâce à un moteur me vient vraiment de lui !»

A seize ans, Baptiste commence à passer du temps au garage, à nettoyer, à retaper, à lustrer les belles anciennes sans pour autant avoir la permission de les conduire… Il observe et bichonne les belles en attendant ses 20 ans, âge auquel il peut enfin se mettre au volant de ces pièces de collection ! Alors en deuxième année de DUT Gestion des Entreprises et des Administrations, il a l’opportunité d’associer son amour pour les vieux moteurs avec son projet de fin de cycle pour lequel il doit créer un projet. Ainsi imagine-t-il la première édition de rassemblement de voitures de collection à but caritatif : Car Entr’aid.

Allumer le contact et passer la première

C’est avec sa bande de trois copains de classe qu’il crée l’événement Car Entr’aid sous le regard inquiet de ses parents jugeant un tel événement difficile à aboutir donc risqué pour l’obtention de son diplôme… Mais animé par la même passion et par le même esprit d’entreprise que son grand-père qui était chef d’entreprise, Baptiste poursuit avec ses amis l’objectif qu’ils se sont fixé.

Un rassemblement de belles voitures c’est bien se disent-ils, mais réservé aux seuls passionnés, ça existe déjà ! Baptiste et ses amis, Benoît Colin et Antoine Broissart, se demandent comment ouvrir cet univers au grand public, aux grands et aux petits, quelles que soient leurs origines sociales pour en faire une fête collective et familiale, comme une kermesse avec en invitées d’honneur de vieilles voitures de prestige. C’est ainsi qu’ils imaginent de créer leur action caritative au profit d’une association pour les enfants hospitalisés. Le principe est simple. Accueillir gratuitement et sans restriction les propriétaires de voitures anciennes, proposer de la restauration et reverser le bénéfice des entrées payantes à l’association. Convaincus de leur bonne idée, ils retroussent leurs manches et trouvent un accueil favorable auprès du directeur du lycée Saint-Riquier qui veut bien ouvrir le parc de son établissement à cette initiative qui le touche et d’Isabelle Froissart, alors présidente des Blouses Roses de la Somme, qui les accompagne dans cette première aventure reconduite avec son association quatre années consécutives.

Ce qui ne devait être qu’un projet de diplôme se pérennise, tant la première édition fut une réussite, générant 2500 entrées et surtout le sourire des uns et des autres, collectionneurs, bénévoles, enfants malades et grand public !

Vitesse de croisière

Aujourd’hui, sept ans après le début de l’aventure, Baptiste, Benoît et Antoine sont restés amis. Et, bien qu’ayant tous trois pris des chemins professionnels différents, ils sont toujours au pilotage de l’événement porté par la structure associative qu’ils ont créée et qu’ils dirigent. Ils ont réalisé cette année la 6e édition de Car Entr’aid dont ils reversent les bénéfices depuis deux ans à l’association Docteur Micky (l’audacieux Mickaël Guérin dont nous avons dressé le portrait en février dernier J). L’événement prend de l’ampleur et de la notoriété, d’année en année, tant auprès du public que des collectionneurs de voitures anciennes qui viennent aujourd’hui de toute la France et de quelques pays d’Europe, heureux de participer à un événement et de partager leur passion avec les familles, parents et enfants néophytes, au bénéfice de ceux qui en ont besoin. D’ailleurs, ça y est ! Afin de promouvoir leur action à l’international, l’english version du site de Car Entr’aid est opérationnelle, peut-être l’édition 2018 du 7 et 8 avril verra-t-elle augmenter le nombre des passionnés anglo-saxons ! L’événement s’agrémente aujourd’hui d’une balade en solex le dimanche matin, de stands de présentation de costumes d’époque ou d’atelier pour les enfants : il s’agit d’une vraie fête fédératrice autour des vieux engins à moteur, deux roues, mini bus et automobiles. Baptiste nous dit même que les tracteurs y seraient les bienvenus, avis aux amateurs…

« Quand tu vois le sourire des enfants malades que tu emmènes faire un tour en voiture, ça te remplit de gratitude, c’est fabuleux ! »

Piloter pour le plaisir

Quand nous interrogeons Baptiste sur la raison qui le fait poursuivre cette aventure prenante qui occupe tout son temps libre, il nous dit sans détour qu’il prend son pied aux retours positifs que lui font les personnes qu’il rencontre sur le sujet. Il insuffle beaucoup d’énergie positive à son projet et en reçoit autant sinon plus en retour. Il évoque aussi son esprit d’entreprise qu’il partage avec ses amis Benoît et Antoine et nous dit que Car Entr’aid en est à la fois le résultat mais certainement aussi les prémices d’aventures entrepreneuriales individuelles, le tout étant pour chacun de découvrir la nature de leurs futurs projets qu’ils n’ont pas encore identifiés, mais dont ils ont déjà testé bien des aspects par le biais de leur association, futurs entrepreneurs en Social business ? L’avenir nous le dira. En attendant, c’est avec plaisir que nous croiserons encore Baptiste au volant de l’une de ses vieilles voitures et partageant dans le sourire son rêve de nous fédérer tous, petits et grands, autour de sa passion et pour le bien des autres !