Rayon de soleil

Être enthousiaste,

Observer le vivant, l’humanité,

Comprendre ce qui l’obscurcit pour chercher ce qui l’éclaire,

Concevoir ses outils et expérimenter de nouveaux modèles,

Trouver les clefs d’accès pour ouvrir le monde ensemble…

Ces quelques phrases pourraient résumer, d’une manière quelque peu cavalière, le parcours de vie professionnelle de Laurence Petit-Dessaint. Nous sommes allés à la rencontre de cette pionnière du coaching en entreprise, spécialiste de l’intelligence émotionnelle, convaincus que l’observation et le respect de la nature pour la création d’un monde meilleur passait aussi et nécessairement par l’observation, le respect et la culture du potentiel positif d’humanité dans notre société, dans nos entreprises. Nous vous proposons de découvrir le parcours, l’expérience, l’expertise d’une femme qui, depuis que ses grand-mères lui ont révélé ce qu’elle était déjà petite, s’exerce à le devenir : un rayon de soleil… pour révéler ce qui est bon dans l’humanité.

Chemin faisant

Laurence Petit-Dessaint nous raconte être issue d’un milieu familial très humaniste, avec des valeurs fortes portées sur l’humain, sur l’esprit de justice et d’équité notamment sur le droit des femmes. Dotée de deux grand-mères féministes, d’une maman active et mère de famille, d’un papa encourageant l’émancipation, elle a grandi avec des points de vue qui ont marqué ses décisions de vie. Elle commence sa carrière professionnelle comme assistante sociale et se rend très vite compte que pour aider de manière efficace et pertinente les personnes qu’elle accompagne, il lui manque des éléments de compréhension du système dans lequel ces personnes sont « comprimées » selon ses termes. Laurence cherche alors à apprendre les mécanismes de fonctionnement de cette structure sociétale qui lui manquent. C’est pourquoi elle reprend des études de droit et de sciences-politiques : pour avoir une vision plus systémique et porter un regard lui permettant d’appréhender l’ensemble des éléments constituant le mal-être ou le bien-être social.

Enrichie par ces études, elle s’engage en politique locale. Elle devient chargée de mission des politiques de la ville pour en construire les vecteurs de développement. Puis elle enseigne en école de commerce… avec toujours « cette volonté d’être au cœur de l’humain et de le voir dans ses différents ressorts » nous dit-elle avec enthousiasme. Elle décide alors de découvrir le secteur privé en intégrant un cabinet de consulting renommé, curieuse de s’essayer au monde de l’entreprise après ces longues expériences dans le médico-social, l’enseignement et le politique. Elle effectue alors des missions longues dans de grands groupes comme Renault ou la Redoute dans lesquels elle œuvre en interne à améliorer le management en intégrant la notion de développement personnel comme levier en management. Ces missions, qu’elle qualifie de passionnantes, prennent fin au moment où, mère de famille, les déplacements longs inhérents à sa fonction deviennent une difficulté pour son épanouissement familial. Elle est alors appelée pour une fonction nouvelle à l’échelle régionale à la direction des services d’investigations et d’orientations éducatives auprès du Procureur de la République. Là, Laurence a pour mission de construire et structurer ce nouveau service créé pour la protection de l’enfance. Ce nouveau challenge représente pour elle une parfaite synthèse entre ses expériences d’aidant dans le secteur médico-social et de consultant en stratégie de management. Elle s’y emploie pendant sept ans avec une équipe à créer, constituée de psychologues et psychiatres en relation avec des travailleurs sociaux et les magistrats. « C’est là que j’ai vraiment appris mon métier, notamment sur le volet de l’investigation. J’ai appris à décrypter les messages du gestuel et de la corporalité au-delà du propos tenu. J’ai appris à saisir la cohérence entre l’expression du corps et celle de la parole. » Laurence nous livre que cette expérience fut l’une des plus passionnantes, des plus fortes, par cette énergie d’équipe enrichissante où les aidants étaient nourris par l’utilité de leur mission mais aussi étaient aidés dans celle-ci.

 

« L’utilité sociale est ce qui m’anime par-dessus tout. »

 

Après toutes ces rencontres et retours d’expériences dans ces univers diversifiés, Laurence Petit-Dessaint est mue par l’envie d’évoluer vers un projet où elle pourrait synthétiser et mettre à profit l’ensemble des enseignements qu’elle en a tiré. Elle veut révéler l’existence d’approches déclencheuses de dynamiques positives et qui peuvent faire la différence dans les comportements humains.

Elle organise alors « sa boîte à outils » comme elle l’appelle. En se formant au coaching, elle apprend à mettre en ordre ses compétences et à structurer son offre. Elle s’engage dans l’aventure de « Coach » indépendant début 2000, époque où le terme est encore réservé à l’univers sportif. Elle s’y engage car pour elle, le coaching dans l’accompagnement est un accélérateur de changement au niveau individuel d’abord mais aussi au niveau de l’entreprise… dès lors que la personne ou l’entité a profondément envie de changer. Ses premiers clients furent des dirigeants d’entreprises. Femme de réseau, dotée d’ambassadeurs, elle développe son activité et l’affine au fil du temps. Aujourd’hui, Laurence Petit-Dessaint est spécialiste du coaching au sein de l’entreprise. Sa rencontre avec l’intelligence émotionnelle a bouleversé son approche, sa manière de fonctionner, nous dit-elle, parce-que cette dernière est génératrice de capacité à s’adapter à l’environnement. Le monde va vite, il est changeant, en mouvement. La capacité d’adaptation devient une clef prépondérante de la réussite individuelle et collective. L’évaluation de l’intelligence émotionnelle permet de faire un diagnostic sans jugement de valeur et sans enfermer la personne dans des typologies de comportements. Cet outil, associé à l’évaluation cartésienne de l’intelligence de compétence de l’individu, permet de créer de réelles dynamiques au sein du collectif, de l’entreprise. Cet outil permet à chacun d’évoluer dans la transversalité et en appréhendant la gestion des émotions individuelles qui se répercutent positivement sur la dynamique du collectif.

Laurence Petit-Dessaint nous rapporte aussi que l’intelligence émotionnelle est de plus en plus considérée par de grandes entreprises, à l’instar du groupe L’Oréal, comme un facteur de croissance après l’avoir expérimenté : savoir exprimer correctement ses émotions dans les situations de changement s’avère être un très bon levier dès lors qu’on identifie les moyens de les faire évoluer au même titre que l’on fait évoluer les compétences techniques liées aux missions au sein de l’entreprise.

Et Laurence de conclure notre entretien : « Ce qui m’anime, c’est ce potentiel humain, ce vivier, qui peut progresser, que je vois vivre, avec lequel je peux actionner des leviers, avec lequel je peux faire avancer la société dans le bon sens. Ce qui m’enthousiasme et me réjouit, c’est de pouvoir faire grandir, en y contribuant à ma manière… Une personne grandit seulement parce qu’elle le veut bien, mais je peux l’éclairer : j’aime bien dire à ceux avec qui je travaille que j’éclaire en eux des endroits qui existent déjà. » L’un des plus gros challenges de l’intelligence émotionnelle est pour Laurence d’amener les gens à penser de manière positive. Et c’est ce qu’elle promeut depuis qu’elle est coach et tout récemment en association avec Christine Debureaux pour offrir avec Expert RH une offre complète en ressources humaines au service des entreprises picardes. Alors, et pour reprendre le titre de son dernier ouvrage, et si nous osions notre réussite ? Et si nous éclairions notre nature pour ouvrir les portes d’un monde plus performant, plus bienveillant, plus agréable ?