Taïg Kris : Rencontre avec un acrobate qui côtoit les nuages

Hier, Multiple Champion du monde de Roller sur rampe, vainqueur des X Games, des Gravity Games, amateur de sensations fortes hors sol, son nouveau challenge professionnel continue de l’emmener en l’air, dans un nuage virtuel, un Cloud. Aujourd’hui créateur d’une Start up à la dimension internationale agitant le monde des télécoms – On Off Télécom – Taig Kris allume pour nous les réacteurs de son nouvel envol.

 

L’Audacieux Magazine : Taïg Kris,  qu’est-ce qui vous motive a créer du record ?

Taïg Kris : J’ai passé 20 ans à faire des compétitions, vouloir être champion du monde roller, à travailler pour cela et j’ai réussi. La suite est une évolution logique de moi-même. Quand on avance dans la vie, on a toujours envie d’aller plus loin et on ne se satisfait jamais de ce que l’on a. Après avoir été plusieurs fois champion du monde dans un sport minimaliste, je voulais toucher le plus grand nombre et de là trouver une façon de démocratiser mon sport et mon image, d’où l’idée de records symboliques. Le plus fou a certainement été celui de la Tour Eiffel, avec un double challenge : battre le record du monde de saut dans le vide à roller en m’élançant de la Tour Eiffel et convaincre les autorités de « me prêter » ce monument.

A.M : D’où vient cette envie de se projeter dans des projets différents les uns des autres ?

T.K : Je dois tout à mes parents qui m’ont donné une vision sans barrière de la vie.  Je ne suis jamais allé à l’école de toute ma vie. Mes parents sont artistes. Considérant que tout est possible, qu’il fallait faire les choses avec passion, avec du travail, beaucoup de travail. J’ai toujours fait les choses qui me plaisaient. Le plus important dans la vie est de faire ce dont on est fier et d’être passionné par ses projets pour travailler autant que nécessaire.

A.M : Aujourd’hui vous êtes à la tête d’une start up dans le domaine des télécoms, et vous diffusez partout en France votre envie de faire ?

T.K : Je suis parti de l’analyse que nos cartes sim n’avaient pas évolué depuis 30 ans, alors que nous sommes dans un monde où tout est dans le Cloud (nuage), sauf nos numéros de téléphones ! Je me suis dit : pourquoi pas créer un nouveau standard, qu’on appellerait le Cloud number et les numéros seraient dans ce Cloud et…. pourquoi ca ne serait pas moi qui l’inventerait ! J’ai donc appris et aujourd’hui je suis incollable dans les télécoms, les régulations, les interconnexions. Il m’a fallut convaincre dans un projet mondial, monter une équipe qui aujourd’hui compte 45 personnes, convaincre des investisseurs à hauteur de 7 millions d’euros, déposer des brevets… et, à ce moment présent, nous sommes opérateurs dans plusieurs pays du monde.

« En réalité l’impossible est devenu possible : de zéro sur mon lit d’hôpital, sans argent, sans connaissance dans le monde télécom, j’arrive à créer un opérateur mondial. »

A.M : De l’Audace vous n’en manquez pas. Vous aimez la transmettre. Que retenez-vous de ces échanges, de vos rencontres avec les plus jeunes notamment ?

T.K : J’essai de transmettre, de montrer et de dire que je ne suis pas plus doué qu’un autre, et que le seul don que j’ai c’est la passion et le travail et donc de marier les deux : passion et travail. Je démontre comment à chaque barrière concrète que j’ai rencontré, j’ai trouvé la solution. J’aime dire aux plus jeunes que ce n’est pas leur école qui va faire leur réussite et que c’est à eux d’aller chercher leur solution, à eux de faire leur route. Il est temps de prôner le travail et la création réelle et pas le succès immédiat qui est hyper médiatisé.  Notre société et les médias prônent ce succès immédiat même si l’on n’a jamais rien créé de bien. Nous avons besoin d’une télévision réellement éducative et dans le même temps le net permet d’apprendre, de découvrir de nouveaux horizons professionnels.

Et Taïg Kris nous lit le sms qu’il vient de recevoir d’un papa à l’issue d’une rencontre avec des collégiens : « je vous trouve extrêmement explicite et ma fille aussi. Elle ne parle que de vous et elle est maintenant convaincue de réussir son parcours pour devenir chirurgien ophtalmologique. Elle a des étoiles plein les yeux et rien que pour ça je vous remercie. Belle journée à vous ».

« Lorsque je ne travaille pas, quelqu’un d’autre dans le monde le fait à ma place. Si l’on veut devenir un virtuose du piano, il ne faut pas travailler deux heures par jour pendant 20 ans. Mais plutôt 20 heures par jour pendant deux ans. Ce n’est pas tant le nombre d’années qui importe, mais la quantité de travail sur une période courte.»