« Mon ambition : développer le marché privé de proximité »

À 28 ans, l’audacieux normand Victor Gobourg est passionné par l’entrepreneuriat, passionné par son métier de service web-to-store au commerce de proximité. Ce jeune homme, au regard doux, révèle derrière un premier abord calme et posé, une fougue, une passion dès qu’il évoque son entreprise, ses rencontres, son nouveau métier dont il est co-créateur. Découverte !

Issu d’une famille où c’est une valeur que d’apprendre à travailler, Victor fait ses premiers pas dans le commerce quand il est encore lycéen et qu’il vend du fromage sur le marché de Dieppe, sa ville natale, pour financer ses envies de sorties, ses loisirs. Tout au long de ses études, il poursuit la démarche en faisant toutes sortes de petits jobs… comme serveur, livreur de pizzas, caissier ou manutentionnaire de nuit en supermarché. L’idée de son entreprise « web-to-store » germe dans l’esprit de Victor quand il a 20 ans. Il perçoit, au fil de ses rencontres et de ses découvertes, qu’il y a un créneau à développer dans l’accompagnement des métiers de services dans leur transition numérique. C’est aussi grâce à un job d’été comme vendeur en grande surface de sport qu’il réunit les deux mille euros d’apport en fonds nécessaires à la création de son entreprise en Août 2011 à l’aube de ses vingt et un ans. Après le bac et un BTS banque en alternance pour rassurer ses parents, Victor décide alors de suivre sa propre voie et fait un nouveau BTS en commerce, négociation-relations clients, puis intègre la NEOMA Business School où il réalise un master stratégie d’entreprise et négociation commerciale en alternance dans la société qu’il vient tout juste de créer.

Un sens aigu de l’analyse

« On entend dire souvent : le web tue le commerce local, mais non c’est faux ! Nous démontrons le contraire. Plutôt que de le considérer comme un ennemi, il faut simplement apprendre à l’utiliser comme levier, comme une opportunité de développer son activité. Il est souvent difficile et onéreux de pousser les murs physiques, le web offre la possibilité de créer une plus grande boutique en utilisant l’espace virtuel et ainsi de toucher un maximum de personnes. C’est le principe même du web-to-store ! Il faut utiliser le web pour dynamiser le commerce physique. En 2016, c’est 70 000 clients que nous avons apportés à nos commerçants partenaires pour 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires.»

Ce nouveau métier génère 80 % du chiffre d’affaires de Marché-privé aujourd’hui, avec un portefeuille clients de 1600 commerces de proximité. Pour étayer son propos, Victor nous cite l’exemple de l’une de ses meilleures clientes historiques, gérante d’un spa-institut de beauté, qui aujourd’hui réalise la moitié de son chiffre d’affaires via différents canaux du numérique : son site internet, Facebook, ou Marché-privé, qui lui génère 50 000 euros de résultat sur la dernière année.

Marché-privé.com et Marché-privé.boutique Quésaco ?

Ce sont deux sites associés de ventes privées au service du commerce de proximité, dont l’emprise territoriale est répartie comme suit : 80% de l’activité est sur le territoire normand et 20% en région parisienne.

Marché-privé.com se développe naturellement sur les grandes métropoles urbaines, comme Lyon ou Nantes, là où l’offre et la demande sont densément présentes. À la demande et avec le soutien des collectivités locales pour les zones rurales plus diffuses. Pour accélérer son développement, l’entreprise fait une première levée de fonds en 2013. Atteignant haut la main ses objectifs, Victor convainc ses partenaires financiers et vient d’en boucler une seconde pour faire l’acquisition de locaux adaptés à la croissance de son entreprise, recruter des nouveaux collaborateurs et développer sa marketplace, son centre-ville numérique, pour les boutiques : Marché-privé.boutique qui ne représente aujourd’hui que 20% de son activité, autant dire qu’il y a de jolies perspectives. Il nous dit aussi que l’analyse démontre que 80% des commerçants et artisans ne sont pas présents sur le réseau numérique, ce qui présente un beau challenge de développement pour tout le monde !

Victor nous lance alors avec emphase : « Je veux que mon entreprise soit l’Amazon des commerçants de proximité, l’alternative à la grande distribution pour les clients du web. Pour nous l’hyper local est un atout, nous pourrons tout livrer en deux heures et en provenance de commerçants locaux ! Je désire mettre au service des petits commerces de proximité nos compétences en e-commerce. »

Laboratoire d’idées

Les idées fusent au sein de l’équipe de Marché-privé : livrer en voitures et en vélos électriques en deux heures chrono, créer des offres sur mesure en proposant par exemple d’acheter le panier de produits pour réaliser la recette pour le dîner du soir en réunissant les produits du primeur, du boucher et de l’épicier, valoriser le produit et le savoir-faire local pour une meilleure pénétration de son marché local, régional, national et international ! Vous l’aurez compris lecteur, Victor, bien que portant des lunettes, n’a pas de problème de vision lointaine ni de perspectives. Il nous livre aussi qu’avec ses six ans d’expérience dans l’entrepreneuriat, il ne s’enflamme plus comme il aurait pu le faire à ses débuts, et observe ces opportunités avec sagesse, se disant que chaque chose se déclenche en son temps ; l’essentiel étant de conserver sa vision lointaine tout en consolidant l’ancrage de son entreprise.

« Ce qui m’anime tous les jours, c’est de créer, d’innover, de développer. Mon rêve, c’est de révolutionner la façon de consommer chez nos commerçants et artisans, mais aussi de valoriser l’expérience client pour le consommateur et valoriser les personnalités, l’humanité des savoir-faire des hommes et des femmes qui sont à l’origine des commerces de proximité.  J’aime les rencontres avec les hommes, les passions, les savoir-faire, je pense qu’internet peut être aussi le lieu de la valorisation des caractères humains. »

C’est, en effet, l’un des axes actuels de développement et de travail pour l’équipe : améliorer l’expérience des usagers en traduisant sur cette place de marché virtuelle la rencontre avec le commerçant. Vous rappelez-vous que Victor vendait du fromage sur le marché de Dieppe quand il était adolescent ? Eh bien, il semblerait qu’une boucle se boucle dans cette volonté de traduire par ce nouveau domaine d’expertise qui est le sien aujourd’hui, l’expérimentation, le plaisir qui étaient les siens au contact des gens sur la place du marché de Dieppe, le samedi matin. Il veut aujourd’hui transposer dans l’espace virtuel ces rencontres, ces bruits, ces odeurs, ces surprises, tous ces ingrédients qui nous font aimer faire notre marché à la fraîche le samedi matin, pour que nous le vivions de notre lit, de notre canapé ou de notre bureau, pour nous faire livrer deux heures plus tard les bons produits de nos commerçants locaux préférés !