Sa mission : faire pousser les talents
Sa conviction : l’entreprenariat féminin est vecteur de richesse
Son métier : entrepreneure sociale

Genèse d’entrepreneure
Stéphanie Cassin est née à la clinique St Romain, face à la gare de Rouen le 20 septembre 1978. Enfant responsable, elle apprend dès ses 8 ans à vivre en grande autonomie avec son petit frère quand sa mère devient visiteuse médicale et que son père s’emploie à créer ses entreprises. Enfant engagée, elle décide à une dizaine d’année qu’elle serait diplomate pour rendre le monde meilleur. Adolescente paradoxale, elle est la copine rigolote du dernier rang mais travaille d’arrache pied pour intégrer Science-Po et atteindre son rêve d’enfant. Etudiante en première année à l’IEP, elle a le sentiment d’y apprendre à gérer sa future carrière bien plus que la chose politique. La jeune femme ne veut pas risquer de pervertir son âme et de s’éloigner de son utopie. Elle bifurque donc en grande école de commerce où elle envisage que l’entreprise peut être son terrain d’action politique. Dans ses différents stages, elle se confirme, s’épanouie et se révèle inclassable. Trop d’envies l’animent… elle se spécialise pourtant en situations de crise et en gestion du changement. Au sortir de l’école, elle travaille quelque temps comme salariée. A 23 ans, elle est prête à agir selon ce qu’elle pense et ce qu’elle est, à courir le risque d’entreprendre.

S’engager pour mission, se développer pour résultat

En même temps qu’elle porte son projet d’indépendance professionnelle, Stéphanie Cassin écrit un roman édité par les Editions du Panthéon et intitulé « Elle semblait heureuse », l’auteure y projette sa réflexion sur « l’être femme » dans notre société, sur la course effrénée à l’image et à la reconnaissance.
BOOSTER, son entreprise de conseil et stratégie en gestion d’entreprise voit le jour. Pour crédibiliser son activité et contrebalancer l’image d’inexpérience inhérente à son jeune âge, la dynamique jeune femme investit dans un pas de porte rue Jean Lecanuet et s’engage, contrat d’assurance à l’appui, sur le délais et le résultat de ses prestations. Elle décide de facturer son heure de travail 80 € afin d’ouvrir son conseil aux entreprises qui y ont le moins accès et qui se trouvent dans la difficulté. Tant d’engagement associé à la jeunesse ne tarde pas à attirer l’attention des médias et des politiques. Un beau matin, Pierre Albertini, alors Maire de Rouen, pousse la porte du cabinet pour découvrir le phénomène. Il reconnaît la petite fille de dix ans qui était venue exprimer sa révolte à la destruction de terrains de basket publiques au profit de cours de tennis payants dans son ancienne mairie de Mont Saint Aignan. Il lui apporte son soutien en l’aidant à faire connaître sa structure. L’activité se développe, les clients se suivent et ne se ressemblent pas. Parmi eux, se présente un homme dont l’entreprise de télécom ne se porte pas très bien… Stéphanie rachète l’affaire et plonge dans le high tech.

Du conseil à la culture du talent

Passionnée par la technologie depuis l’âge de 5 ans où elle a eut son premier Mo5-To7, l’entrepreneure porte un regard critique sur son évolution et une oreille attentive aux retour de ses nouveaux clients. Elle identifie très vite la nécessité de faire converger les métiers afin de développer son activité et d’offrir un service performant à sa clientèle, elle investit sans tarder dans une SS2I (comprenez Société de Services en Ingénierie Informatique). En 2006, le groupe HUBB voit le jour. Son principe : offrir une offre haute technologie à 360° car « pour être compétitif, il faut raisonner global ». Le développement de l’entreprise et la naissance de sa première fille incitent Stéphanie à mettre son activité de conseil en sommeil pour un temps afin de « faire pousser » sa structure et le talent des hommes et des femmes qui la composent. La chef d’entreprise n’en oublie pas son engagement politique pour autant. Animée par sa responsabilité morale, elle favorise l’investissement à la prise de dividendes. Convaincue que la réussite de son groupe, dont elle détient 100% des parts, repose sur l’équilibre entre sa capacité personnelle à assumer les risques et la valorisation du talent de ses collaborateurs. 4 CAS est créé pour compléter l’offre à 360° du groupe et apporter des solutions d’aménagements des locaux professionnels, de l’agencement à l’implantation des réseaux électriques. La croissance de son entreprise lui donne raison : des clients de dimension internationale, séduits par le champs exhaustif des compétences et confortés par l’engagement au résultat, font appel au groupe HUBB pour des missions de haute volée aussi spécifiques que variées.

Développer l’entreprise comme vocation humaniste

Le 24 décembre 2010, la chef d’entreprise vient de clôturer la journée avec son équipe de la boutique SFR du Havre. Elle s’arrête à une station essence à la sortie de la ville avant de rentrer fêter Noël en famille. Là, une SDF l’apostrophe et lui dit qu’elle ne sait pas où passer la nuit. Stéphanie, touchée par la beauté de la personne, lui porte attention quelques instants, tourne les talons puis se ravise : par quel coup du destin, un être aussi rayonnant a-t-il pu se retrouver dans une telle situation ? Elle apprend l’histoire tragique et banale d’une femme ayant sombré dans la pauvreté et la rupture sociale à la suite d’un divorce, du refus des banques à la suivre dans son rachat de part du petit commerce qu’elle possédait avec son mari, de la séparation d’avec ses enfants…
Frappée par la tragédie du récit véridique ou non, Stéphanie décide qu’elle ne passerait pas une année de plus en laissant en sommeil la petite fille de dix ans qui aspirait à changer le monde.
2 janvier 2011, réunion d’urgence avec son chef de projet : le groupe HUBB est à la pointe des technologies du web, ne pourrait-il porter un réseau social ?
Stéphanie recrute deux étudiants de l’EDHEC afin d’analyser les chiffres de l’économie et de préciser le champ d’application de la plateforme potentielle… parmi les résultats trouvés un chiffre se dégage, frappant : seul 3% de la population féminine active française occupe un poste de dirigeant d’entreprise. En imaginant que les femmes entreprennent autant que les hommes, la richesse du pays pourrait augmenter de 30% en favorisant le développement d’écosystèmes dynamiques autour de chaque nouvelle entreprise créée : un levier efficace pour lutter contre la récession.
Stéphanie s’empare du sujet qu’elle peut légitimement porter. HUBB se réinvente technologiquement pour répondre à son dessein.
En automne 2012, une première mouture de BIILINK voit le jour mais sa mise en forme n’est pas encore optimale. Un an plus tard la plate-forme arrive à maturité. Un second lancement est effectué en octobre 2013 et rencontre le succès auprès des médias, des partenaires et des institutionnels. BIILINK compte aujourd’hui 30 000 membres. Il est soutenu par l’état dans le cadre du plan « 40% de femmes entrepreneures en 2017 ». Sa vocation de promotion de l’entrepreneuriat féminin passe par la création de concours avec des partenaires nationaux ou internationaux tels que la Caisse d’Epargne ou Microsoft. Les lauréates porteuses de projets remportent des dotations financières pour compléter leur besoin de fonds ou des accompagnements par de grands groupes sous forme de mentorat.


« Au lancement de Biilink, j’ai réalisé qu’il était l’aboutissement de ce qui me constitue : mes convictions intimes, mon travail, la réponse à ma quête de responsabilité sociale du dirigeant ».

La création de Biilink a révélé à Stéphanie Cassin que la volonté politique qu’elle porte en elle depuis toujours est une qualité intrinsèque de sa nature entrepreneuriale : elle se qualifie elle-même comme une entrepreneure sociale. Forte de cette conviction, elle œuvre aujourd’hui au développement du groupe Jador pour pérenniser les emplois des 120 talents qui y travaillent mais aussi pour l’utiliser comme support de son action sociale. Son grand projet à court terme est de faire de Biilink un accélérateur d’entreprises innovantes et que Rouen obtienne le label « Métropole French Tech » afin d’œuvrer au dynamisme économique de son territoire.